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Comment bien déguster et boire le rhum ?

Eau-de-vie à base de canne à sucre, le rhum est officiellement né vers 1630 du côté de la Barbade. Pourtant, c'est dans le livre « L'histoire générale des Antilles », publié en 1667 par le Père du Tertre, que, pour la première fois, est évoquée une eau-de-vie de piètre qualité, élaborée à partir de la mélasse, le sous-produit obtenu lors de la fabrication du sucre raffiné. Elle est de si mauvaise qualité qu'elle est réservée aux esclaves et aux marins ! Depuis le XIXe siècle, le rhum s'élabore aussi à partir de la distillation directe du jus de canne-à-sucre. Il a gagné ses lettres de noblesse et est devenu le deuxième alcool le plus consommé en France. Toujours porteur d'un histoire liée aux traditions anglaise, hispanique ou française, il se consomme de mille et une façons.

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Les différents types de rhum

Avant d’aborder la dégustation du rhum, encore faut-il connaître les différents types de rhum. Car chaque rhum est non seulement issu d’un terroir, d’un pays et d’une tradition, mais il peut aussi être fabriqué suivant deux méthodes, être vieilli ou pas. Et, légitimement, la saveur et les arômes seront bien distincts.

Des rhums issus de pays variés

Le rhum de tradition française est produit en Martinique, Guadeloupe, Guyane, à la Réunion et dans les Antilles françaises. On distingue déjà deux types de rhum :

  • le rhum agricole
  • et le rhum industriel, dit traditionnel.

Concrètement, un rhum agricole est fabriqué à partir de jus de canne (le « vesou ») et le rhum traditionnel à partir de mélasse, résidu de la cristallisation et du raffinage du sucre de canne. C’est déjà une distinction de taille !
Le rhum de tradition espagnole, appelé « ron », est issu de la mélasse distillée en alambics à colonne. On le fabrique à Cuba, Puerto Rico, Venezuela, Nicaragua, Colombie et Guatemala, et en République Dominicaine.
Le rhum d’origine britannique, appelé « Rum » est élaboré à partir de mélasse distillée en alambic à repasse. Il vient de la Barbade, des Bermudes, de Trinidad & Tobago, de la Jamaïque et de Guyane britannique.

Une histoire de vieillissement aussi

Le vieillissement joue également un rôle primordial dans l’élaboration d’un rhum. Il permet de distinguer trois rhums à la diversité aromatique bien distincte.

Le rhum blanc ne passe pas par l’étape du vieillissement. Il bénéficie d’un degré d’alcool supérieur à 40 °, d’arômes très fruités et de notes végétales.

Le rhum ambré à la robe dorée a vieilli de 12 à 24 mois en fûts de chêne ayant contenu du bourbon. Il est relativement doux et se reconnaît à ses arômes boisés et épicés.

 

Le rhum vieux à la couleur brune a passé au moins 3 ans en fûts de chêne. Parmi ces rhums, certains sont dits hors d’âge ou millésimés.

Comment déguster un rhum ?

Déguster un rhum est toujours un plaisir unique, surtout si vous choisissez un rhum d’exception par son âge ou sa composition. Si certains rhums demandent d’avoir un palais exercé, d’autres sont plus accessibles et riches de découvertes aromatiques.

Température et verre, les incontournables

Vous avez décidé de déguster un rhum nature ? Pur ou frappé, telle est la première question que vous vous posez. Certes, avec la chaleur, on a souvent envie de noyer son rhum dans des glaçons. Pourtant, n’oubliez pas que le froid inhibe les saveurs et diminue la concentration des arômes. Donc, pour déguster un rhum, il est préférable de le boire à température ambiante. Les rhums ambrés et vieux gagnent même à être réchauffés dans la main. En revanche, le rhum blanc se boit plus facilement accompagné de glaçons mais il sera logiquement un peu plus « fade ».

Quant au choix du verre, il est aussi primordial. Le verre en forme de tulipe à fond large est idéal pour retenir les arômes et laisser s’échapper les éléments les moins aromatiques. En revanche, un cocktail à base de rhum se déguste plutôt dans un verre de type tumbler, à fond plat.
Et n’oubliez pas de faire marcher tous vos sens pour déguster un rhum. Regardez-le pour en admirer sa couleur, sentez-le pour en déceler les arômes, faites-le tourner dans le verre…

Le rhum, roi des cocktails

Est-il possible d’imaginer un Mojito sans rhum ? C’est principalement le rhum blanc que l’on retrouve dans les cocktails mais de plus en plus de bartenders utilisent le rhum ambré ou le rhum vieux. Quant à la liste de cocktails connus et reconnus à base de rhum, elle est longue : Mojito, Daïquiri, Caïpirinha, Pina Colada, Zombie, Mai Tai… sans oublier le Ti-Punch, le Planteur, les Rhums arrangés !

Tous ces cocktails à base de rhum ont souvent la particularité d’être colorés, fruités, plus ou moins sucrés, et surtout très aromatiques. Le rhum a en effet cette faculté d’être mixé à des fruits frais, à des liqueurs, à d’autres alcools forts, à un tonic ou un soda, à des épices..

Le rhum en version chaude

Comment évoquer le rhum sans parler du grog ? Le rhum entre en effet dans la composition de ce cocktail des plus réconfortants lorsque le froid sévit dehors. Mais saviez-vous à qui l’on doit ce cocktail ? À l’amiral Edward Vernon, surnommé « grogram » de par le vêtement grossier qu’il portait, et qui eut l’idée de couper le rhum bu par ses matelots avec de l’eau chaude. C’était en 1740 !

Que manger avec du rhum?

L’heure de l’apéritif est idéale pour déguster un cocktail à base de rhum. Pour parfaire le voyage et de dépaysement, dégustez-le avec des acras de morue.

Lors d’un repas, vous pouvez aussi oser le rhum. Ainsi, un rhum blanc peut se marier avec un poisson comme le cabillaud ou des crustacés, un rhum ambré avec un foie gras ou un jambon, le rhum vieux avec une viande comme le veau. Et pour aller plus loin encore, essayez le rhum agricole avec un fromage typé comme le comté.

Mais quand on parle d’accords mets-rhum, on pense aussi au sucré. Le rhum s’accorde très bien avec le chocolat, avec les desserts à base de fruits. Il permet de flamber ou de parfumer de nombreux mets et est bien évidemment incontournable du baba au rhum ou des cannelés.